Je ne suis pas Charlie

Publié le par M. HAMIM

Je ne suis pas Charlie



Depuis un bail, je n’ai point publié sur mon blog. J’ai juste boudé l’écriture, par manque d’inspiration, d’idées, voire de créativité. Aujourd’hui devant cet acte infâme de l’attentat de Charlie Hebdo, je ne trouve que les mots pour crier haut et fort « Non à la violence », « Non à l’intimidation », « Non à la discrimination ». Qui que soient les auteurs derrière cette cruauté, nous autres musulmans nous la condamnons.

Ces profanes et incorrigibles individus pensent qu’à travers leur crime ils vengent leur foi du préjudice causé par les dessins publiés sur une revue satirique méconnue. Ils ont oublié que les enseignements de l’islam sont fondés sur le pardon, la tolérance, le dialogue, l’acceptation de la différence..., et surtout sur l’interdiction de tuer, acte considéré comme l’un des plus grands péchés de l’islam religion de paix. Le coran est très clair à ce sujet puisque maints versets prouvent que tuer est une interdiction ; comme dans Sourate 17, verset 33 « …Ne détruisez point la vie que DIEU a rendu sacrée… ».

Ce qui s’est passé, cependant, nous pousse à avoir une réflexion sur la liberté de l’expression scandée par tous. Si cette liberté est une liberté fondamentale et l’un des piliers de la démocratie, ne doit-elle pas avoir en l’occurrence une conscience, une éthique, des limites même auxquelles tout le monde doit adhérer et que moi, toi et l’autre nous devons respecter ?

De ce fait, reconnaissons-le tous :
- Insulter l’autre n’a jamais été une liberté de l’expression ;
- L’atteinte aux valeurs sacrées de l’autre n’est pas une liberté de l’expression, comme l’a fait d’ailleurs Charlie avec ces dessins qui ont outragé tous les musulmans, ou encore avec le film américain «l’innocence des musulmans» ;
- Persifler le credo de l’autre est loin d’être une liberté de l’expression ;
- Vilipender la religion de l’autre n’est guère non plus une liberté à l’expression.

Il est particulièrement décevant de constater que si la discrimination et les propos racistes sont prohibés par toutes les lois et coutumes, pourquoi le sont-elles moins dès qu’il s’agit de l’islam ? Cette liberté d’expression que tout le monde réclame aujourd’hui n’est pas libre chez Charlie et l’affaire Siné qui ironisait, dans une chronique, sur la reconversion de Jean Sarkozy au judaïsme, avant son mariage, le prouve.

Encore une fois, tout en ayant foi qu’il faut combattre le mot par le mot, la moquerie par la risette, la satire par le rire, nous condamnons la violence et le fanatisme sous toutes leurs formes. Pour nous, Musulmans, le prétexte de l’appartenance ne nous empêche pas de condamner de tels actes, sans être pour autant des Charlie ou des Charlot…

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